1842
Fondation par Auguste Montclair
L’étude s’installe rue de la Paix. Premiers inventaires après décès, premières ventes de mobilier d’appartements particuliers. Le registre n°1 est encore conservé dans le cabinet des archives.
Auguste Montclair ouvre l’étude en 1842, à deux pas de la place Vendôme. Il n’entend pas seulement vendre : il entend protéger ce que les troubles du temps menacent d’éparpiller.
Lorsque les révolutions, les sièges et les guerres du XIXe siècle jettent les grandes familles hors de leurs hôtels, la Maison reçoit, inventorie, met à l’abri. Tableaux roulés, argenterie pesée, bibliothèques caissettes : rien n’entre sans registre, rien ne sort sans signature.
Cette discipline — presque monastique — est devenue le caractère de Montclair. L’expertise n’y est pas un spectacle. Elle est un silence, une lumière rasante, un dossier complet avant le premier coup de marteau.
1842
L’étude s’installe rue de la Paix. Premiers inventaires après décès, premières ventes de mobilier d’appartements particuliers. Le registre n°1 est encore conservé dans le cabinet des archives.
1848
Pendant les émeutes, des collections quittent les hôtels du Marais et du faubourg Saint-Germain. Montclair ouvre ses réserves, dresse des états, refuse toute vente précipitée. La Maison devient un refuge autant qu’une étude.
1870–1871
Bronzes, porcelaines et tableaux sont descendus en caves voûtées. Aucun lot n’est dispersé sans ordre écrit du propriétaire. Après la Commune, les restitutions se font pièce à pièce, contre récépissé.
1914–1918
Les ventes se raréfient. L’étude se consacre à la conservation, aux expertises pour assurances et aux successions de ceux qui ne reviendront pas. Le ton de la Maison s’assombrit, la méthode s’affine.
1940–1944
Les salles restent fermées plus souvent qu’ouvertes. Les experts tiennent les dossiers, photographient, cachettent. Après la Libération, Montclair aide à reconstituer des provenances rompues.
1972
La cave de la Maison accueille les premières caisses de grands crus en vente publique. Même exigence : provenance, niveau, étiquette, conservation.
1998
Un atelier indépendant de la salle est créé pour l’examen des tableaux, de la joaillerie et des manuscrits. Lumière du nord, laboratoire photographique, bibliothèque de catalogues raisonnés.
2015–2026
L’hôtel de la rue de la Paix est réaménagé sans théâtre. Murs sombres, sièges de cuir, un marteau d’ivoire. La Maison continue : six à huit ventes de prestige par saison, et le même serment de discrétion.
« Nous ne vendons pas le temps. Nous le remettons en ordre. »
Édouard Montclair, président de la Maison